Le glanage consiste à ramasser à la main, après la récolte, ce que l'exploitant a laissé au champ : tubercules oubliés, fruits tombés, légumes hors calibre. Une réponse ministérielle le décrit comme une pratique admise de jour, sans outil et sur une parcelle déjà récoltée, sous réserve des arrêtés municipaux, et recommande de s'adresser d'abord à l'exploitant. C'est ce contact préalable qui fait un bon glanage, bien plus que le matériel.
Ce que désigne le glanage
Au sens premier, glaner, c'est ramasser les épis restés sur le champ après la moisson. Le mot s'est élargi : on parle aujourd'hui de glanage pour toute récupération, à la main, de ce qu'une récolte a laissé derrière elle. Pommes de terre restées en terre après l'arracheuse, carottes cassées, courges hors calibre, pommes tombées sous les arbres d'un verger déjà cueilli : ce sont des produits sains que l'exploitant ne ramassera pas, parce que le faire lui coûterait plus qu'il ne rapporte.
Le glanage prend aujourd'hui deux visages. Le premier est individuel : un particulier ramasse, pour sa propre consommation, ce qui reste au bord d'une parcelle. Le second est collectif et solidaire : des associations organisent, avec des agriculteurs, des chantiers de glanage dont la récolte part vers l'aide alimentaire. Les services de l'État en région ont publié des guides pour encadrer ces chantiers.
Source : Le guide des glaneurs solidaires, DRAAF Hauts-de-France
Ce que disent les textes
Le glanage est un usage ancien, et son cadre tient davantage à la tradition et aux règles locales qu'à un texte unique. Interrogé par un député, le ministère de l'agriculture a rappelé en réponse écrite que le glanage est admis en journée, sans outil, sur une parcelle dont la récolte a été enlevée, et qu'il ne s'exerce pas sur un terrain clos. La même réponse précise qu'un arrêté municipal peut l'interdire ou le restreindre sur le territoire d'une commune.
Source : Question écrite n° 99384 et réponse du ministère de l'agriculture, Assemblée nationale
Les guides consacrés à l'organisation des chantiers reprennent ces mêmes conditions : de jour, à la vue de tous, sur une parcelle déjà récoltée et non close, à la main, en quantité raisonnable, et en l'absence d'arrêté contraire. Ils distinguent aussi le glanage de pratiques voisines qui, elles, ne sont pas admises, comme le grappillage, qui porte sur les grappes restées dans les vignes, ou le maraudage, qui consiste à cueillir sur pied ce qui n'a pas été récolté.
Source : Livret conseil pour l'organisation de chantiers de glanage, Réseau CIVAM
Commencer par l'exploitant
La réponse ministérielle comme les guides de terrain insistent sur le même point : se rapprocher d'abord du propriétaire ou de l'exploitant. Lui seul sait si la récolte est réellement terminée. Une parcelle de pommes de terre peut sembler abandonnée alors qu'un second passage est prévu ; un verger peut paraître cueilli alors qu'une variété tardive attend encore. Ramasser trop tôt, c'est prendre une récolte qui n'est pas laissée.
Cette prise de contact règle aussi les questions pratiques : par où entrer sans abîmer une culture voisine, où stationner, quelles zones éviter parce qu'un traitement vient d'y être appliqué ou parce qu'un semis va suivre. Beaucoup d'exploitants accueillent volontiers des glaneurs dès lors qu'on les prévient ; ce sont les passages sans prévenir qui créent les conflits.
- Repérer la parcelle et trouver qui l'exploite : un voisin, la mairie ou une association locale de glanage peuvent orienter.
- Demander si la récolte est terminée et si le glanage est bienvenu, à quelles dates et sur quelles zones.
- Vérifier auprès de la mairie qu'aucun arrêté ne l'interdit sur la commune.
- Glaner de jour, à la main, sans entrer dans les parcelles voisines ni toucher à ce qui reste sur pied.
- Laisser la parcelle propre : refermer les accès, ne rien abandonner derrière soi.
Le geste : ramasser à la main sans s'épuiser
Le glanage est une cueillette au ras du sol, répétée des centaines de fois dans une matinée. Pour les pommes de terre, on parcourt les rangs déjà arrachés et l'on ramasse les tubercules restés en surface ou à peine enterrés ; pour les fruits, on avance sous les arbres en prenant ceux qui sont tombés sains. Dans tous les cas, le corps passe son temps à se pencher et à se relever. C'est là que la fatigue s'installe, bien plus que dans le poids ramassé.
Deux habitudes changent la journée. D'abord, plier les genoux plutôt que le dos, et alterner les positions : accroupi, un genou au sol, debout pour avancer. Ensuite, garder le contenant sous la main. Un seau posé au sol oblige à se retourner, à se relever pour le déplacer, à revenir le chercher. Un contenant porté contre soi suit chaque pas et laisse les deux mains libres pour ramasser.
Le contenant qui convient
Pour les pommes de terre et les légumes racines, le seau ventral à sangle de 12 litres est le plus pratique : il reste à hauteur de taille quand on se penche, et sa forme haute retient les tubercules. Pour les fruits tombés, plus fragiles, un panier ventral à paroi lisse et peu profond permet de déposer chaque fruit plutôt que de le laisser tomber. Le panier multifonction à anses amovibles sert ensuite à transporter la récolte jusqu'à la voiture.
K-9
Seau à vendange et de cueillette de 12L
K-3
Panier de récolte ventral de 15L
K-11
Panier multifonction de 15L
Vous participez à des chantiers de glanage ?
Dites-nous ce que vous ramassez : nous vous indiquerons le contenant qui convient, et le point de vente le plus proche de chez vous.
Après le glanage : trier et conserver
Ce qui reste au champ y est resté pour une raison : calibre, forme, blessure de l'arrachage. Le tri commence donc dès le ramassage : les tubercules coupés ou meurtris se consomment en premier, les intacts se gardent au frais et à l'obscurité.
Les fruits tombés demandent la même attention. Une pomme marquée par sa chute se garde mal et gâte ses voisines : elle part à la cuisine dans la semaine, en compote ou en jus, tandis que les fruits sains peuvent rejoindre un lieu frais. Le contenant joue ici son dernier rôle : des produits déposés plutôt que jetés arrivent avec moins de chocs, et se conservent mieux.
Ce que le glanage n'est pas
Le glanage ne donne aucun droit sur ce qui pousse encore. Il ne commence qu'une fois la récolte enlevée, et il ne s'étend ni aux parcelles closes ni aux cultures sur pied. Il ne remplace pas non plus l'accord de l'exploitant : même là où rien ne l'interdit, c'est ce contact qui évite les malentendus.
Le matériel, enfin, a ses limites. Un contenant porté à la taille ménage les allers-retours et laisse les mains libres ; il n'empêche pas de se pencher, et il ne transforme pas une journée de ramassage au sol en promenade. Pour de longues séances, mieux vaut des pauses régulières et un ramassage à plusieurs, en se partageant les rangs.