Il n'y a pas de date unique pour cueillir les pommes : chaque variété a la sienne, elle se décale de plusieurs semaines selon la région et l'année, et elle dépend de l'usage — conserver, croquer ou transformer. Les arboriculteurs la mesurent au test à l'iode, puis récoltent en plusieurs passages. Le contenant, lui, doit ménager un fruit qui marque au moindre choc.
Pourquoi il n'y a pas de date unique
La question « quand cueillir les pommes » n'a pas de réponse au calendrier. Les variétés précoces se récoltent en été, les variétés tardives jusqu'en automne, et pour une même variété, les conditions régionales et la météo de l'année décalent la maturité de plusieurs semaines. Une date relevée l'an dernier ne vaut donc qu'un repère.
Le bon moment dépend aussi de ce qu'on attend du fruit. Une pomme destinée à être conservée plusieurs mois se cueille plus tôt qu'une pomme qu'on mangera dans la semaine, ou qu'on pressera pour du jus. C'est pourquoi les arboriculteurs ne se fient pas à l'aspect : ils mesurent.
Source : Quand récolter les pommes ?, Ma passion du verger
Le test à l'iode, la mesure des arboriculteurs
Le principe est simple. En mûrissant, la pomme transforme son amidon en sucre. Or l'iode réagit avec l'amidon : on coupe une pomme en deux, on applique une solution iodée sur la tranche, et les zones qui contiennent encore de l'amidon virent au bleu-noir, tandis que celles où il s'est changé en sucre ne se colorent pas. Plus la coloration est intense, moins la pomme est mûre.
La lecture se fait sur la tranche :
- une tranche entièrement colorée : le fruit est encore vert, il faut attendre ;
- une bordure colorée et un centre clair : c'est le bon stade de récolte pour la conservation ;
- une tranche presque claire, seule la bordure colorée : le fruit est proche de la pleine maturité, à consommer ou à transformer vite, mais il ne se gardera pas.
Pour que le test dise quelque chose, il faut un échantillon représentatif : un domaine bio suisse décrit par exemple prélever une quinzaine de pommes au hasard sur l'ensemble des parcelles. Le résultat sert ensuite à planifier la récolte, et notamment à décider du nombre de passages nécessaires.
Source : Le test de l'iode sur les pommes, Biofruits
Cueillir selon ce qu'on veut en faire
Le test à l'iode met en évidence ce qu'on oublie souvent : il n'y a pas une bonne maturité, mais une par usage. Les pommes qui rejoindront la cave ou la chambre froide se cueillent au stade « bordure colorée », quand il leur reste de quoi évoluer. Celles qu'on croquera rapidement peuvent attendre davantage. Celles qui partent au pressoir ou en compote supportent une maturité plus avancée, puisqu'elles ne seront pas stockées.
Sur un même arbre, il peut donc être judicieux de cueillir en deux temps : d'abord les fruits destinés à la garde, puis le reste. C'est l'un des arguments les plus simples en faveur d'une récolte en plusieurs passages.
Le contenant d'un fruit qui marque
La pomme marque au choc, et la marque n'apparaît souvent que plus tard, en conservation. Le contenant doit donc limiter deux choses : la hauteur de chute des fruits qu'on y dépose, et le moment le plus risqué, le transfert vers la caisse ou le palox.
Pour les pommes de table, le panier K-4 est conçu pour ce transfert : sa manche de dépose en toile, fermée par un cordon, permet de vider le panier en laissant les fruits descendre au lieu de tomber. Pour les pommes à transformer, où le marquage compte moins, le K-3 de 15 litres, même cuve sans manche, suffit. Dans les deux cas, le harnais K-8 répartit la charge sur les deux épaules pour une journée complète.
K-4
Panier de récolte ventral de 15L
K-3
Panier de récolte ventral de 15L
K-8
Harnais en coton ajustable
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Récolter en plusieurs passages
Les pommes d'un même arbre ne mûrissent pas toutes ensemble. Les arboriculteurs repassent donc plusieurs fois, en ne cueillant à chaque passage que les fruits prêts. Ce mode de récolte a une conséquence directe sur le matériel : il multiplie les déplacements, les montées à l'échelle et les gestes de dépose.
C'est là que le portage ventral prend son sens. Le contenant reste devant soi, à hauteur de taille, et les deux mains travaillent : l'une soutient le fruit, l'autre le détache. Sur l'échelle, il n'y a plus de seau à accrocher ni à tenir.